En bref, une personne assise dans son salon et qui regarde par la fenêtre, ne voit en réalité que son salon, et l'image qu'il voit de sa fenêtre est en fait projetée comme sur un écran dans son cerveau. Ce que l'homme appelle "sa vie" est une collection de perceptions stockées de façon rationnelle et visionnées sur un écran dans le cerveau, il est impossible de sortir du cerveau.
Nous ne pouvons jamais connaître la vraie nature de l'original de la matière existant à l'extérieur du cerveau. Nous ne pouvons pas savoir, si l'original, par exemple le vert d'une feuille est oui ou non tel que nous le percevons. De même, nous ne pouvons jamais savoir si un dessert est vraiment sucré ou si c’est juste la façon dont notre cerveau perçoit qu'il devrait être.
Celui qui y réfléchit va clairement prendre conscience de cette vérité. George Berkeley, l'exprime dans son livre "A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge":
Grâce à la vue, j'ai les notions de lumière et de couleurs, avec leurs différents degrés et variations. Par le contact, je perçois ce qui est dur et mou, la chaleur et le froid, le mouvement et la résistance… L'olfaction me pourvoit en odeurs ; le palais me dit le goût ; et l'audition transmet les sons… Et comme la plupart de ces sensations sont appelées à s'assembler, elles viennent à être spécifiées par un nom et ainsi être reconnues comme une chose. Ainsi, par exemple, on estime une certaine couleur, un goût, une odeur, une forme et une consistance se convenir pour être associés et devenir une chose bien distincte, signifiée par le mot pomme ; d'autres ensembles d'idées constituent une pierre, un arbre, un livre, des choses sensibles et ainsi de suite… 1
Telle est la vérité exprimée ici par Berkeley: nous définissons un objet en interprétant les différentes sensations qui sont ressenties par le cerveau. Comme c’est le cas dans cet exemple, le goût et l'odeur de la pomme, sa dureté et sa forme arrondie liées à ses autres qualités sont perçus comme un tout par notre cerveau et nous percevons ce tout comme cette pomme. Cependant, nous ne pourrons jamais en fait avoir affaire à l'original de la pomme, seulement à la perception que nous avons d'elle. Ce que nous pouvons voir, sentir, goûter, toucher ou entendre sont seulement des copies formées à l'intérieur du cerveau.
1) George Berkeley, A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge, 1710, Works of George Berkeley, vol. I, Editions A. Fraser, Oxford, 1871 p. 35-36


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